
L’article 14 CIR est modifié afin de supprimer la possibilité de déduire des revenus immobiliers les intérêts payés sur des dettes contractées pour financer un bien immobilier qui n’est pas l’habitation propre du contribuable.
Le législateur assume explicitement le caractère radical de la mesure :
La suggestion du Conseil d’État de limiter la réforme aux nouvelles dettes n’a pas été suivie.
Un contribuable détient un appartement mis en location à des particuliers.
Jusqu’à l’exercice d’imposition 2025, les intérêts étaient intégralement déductibles des revenus immobiliers, de sorte que le revenu immobilier net imposable était de 0 €.
À partir de l’exercice d’imposition 2026, les intérêts ne sont plus déductibles et le revenu immobilier imposable est de 5.000 €, indépendamment de la charge financière réelle.
Un immeuble est loué à une société qui l’utilise à des fins professionnelles.
Le revenu imposable passe de 10.000 € avant la réforme à 20.000 € après la réforme.
La situation devra s’analyser au cas par cas mais, pour la grande majorité des investisseurs, le transfert de leur patrimoine immobilier vers une société emportera le paiement du droit de vente, à 12 % ou 12,5 %.
Il est peu probable que les avantages d’une taxation en société compensent cette charge fiscale.
Dans le prolongement de la suppression de la déduction ordinaire des intérêts, le législateur procède également à une rationalisation des régimes existants pour les habitations autres que l’habitation propre, notamment :
L’objectif affiché est de rendre le système plus simple, uniforme et équitable, en mettant fin à des régimes dérogatoires anciens et fragmentés, le tout en améliorant le budget…
La suppression de la déduction des intérêts à partir de l’exercice d’imposition 2026, c’est-à-dire du 1er janvier 2025, constitue une réforme majeure, aux conséquences économiques directes pour les investisseurs immobiliers privés. En l’absence de toute mesure transitoire, elle impose une analyse complète des structures de détention et de financement des immeubles autres que l’habitation propre, en particulier pour les investissements financés à crédit.
Dans certains cas très particuliers, le passage en société pourrait être pertinent nonobstant les droits de vente dus à l’occasion de ce transfert .
Aucune règle générale ne peut cependant être énoncée quant à l’opportunité de transférer son patrimoine immobilier à une société, une analyse au cas par cas reste indispensable