• FR
  • NL
  • EN

Si la compta c'est " barbant " pour la GEN Z, quid, alors, en ce qui concerne la fiscalité ?

Alors qu’hier je vous partageais que la Gen Z se tournait vers des “jobs barbants” , comme la comptabilité, pour protéger sa vie privée, une question m’a poursuivi en préparant ma chronique et si, en fiscalité, notre défi était de la rendre moins envahissante… sans jamais la rendre moins exigeante ?

Car oui, la fiscalité est devenue prépondérante dans notre pratique comme dans notre formation continue. Alors que la génération Z ,particulièrement sensible à l'éthique, à la transparence et à l'impact social, perçoit encore le conseiller fiscal comme une figure ambiguë : un technicien brillant, certes, mais soupçonné d'être le complice discret des plus fortunés. En effet, cette génération peine, tout comme le grand public, à distinguer optimisation légale et fraude, amalgamant le tout dans une même perception négative."

Cette tension rejoint une analyse que j’aie lue dans le LSE Business Review, qui rappelle une idée forte que je cite : « Pour attirer la jeune génération, il faut refonder la formation autour du sens, de la technologie, et d’une logique plus transdisciplinaire et pas seulement autour de la technique.

Et en Belgique, c’est une évidence.

Notre quotidien, vous le connaissez : délais, urgences, questions clients, contrôles, demandes d’informations… et en prime Peppol, qui ne nous laisse pas toujours respirer.

Dans ce contexte, attirer la relève ne consiste pas simplement à recruter.
Il faut surtout transmettre autrement.

1) D’abord : le sens

La jeune génération ne refuse pas l’effort. Elle refuse le brouillard. Elle ne fuit pas la rigueur. Elle fuit l’absurde.

Elle veut comprendre ce qu’elle fait, pourquoi elle le fait, et à quoi cela sert. Et notre métier a du sens. Beaucoup de sens.
La fiscalité, ce n’est pas “remplir” : c’est sécuriser, prévenir, structurer, conseiller. C’est éviter des erreurs coûteuses, protéger des projets, préserver parfois des équilibres fragiles.

Mais trop souvent, on a transmis la fiscalité comme un tunnel : articles, cases, délais, sanctions, stress.
Alors qu’elle peut aussi être une lumière : elle éclaire les décisions, remet de l’ordre, apporte de la stabilité : eh oui !

2) Ensuite : la technologie

Elle est déjà partout. Et elle va accélérer.

Mais la tech ne remplace pas l’expert-comptable ou le conseiller fiscal. Elle remplace surtout ce qui nous épuise : le répétitif, le mécanique, l’absorbant.

Elle devrait nous rendre plus disponibles pour ce qui compte vraiment : analyse, jugement, cohérence, stratégie, sécurisation et surtout écoute et rencontre du client.

Encore faut-il former les jeunes autrement. Pas uniquement avec des tâches “à la chaîne”. Mais en leur apprenant tôt à comprendre, vérifier, documenter, argumenter.

3) Enfin : la transdisciplinarité

Aujourd’hui, la fiscalité n’est plus un silo : c’est un carrefour.

Tout se parle : impôts, TVA, droit, social, rémunération, gouvernance… et désormais technologie.
Un dossier n’est jamais “juste un dossier”. C’est une situation humaine, économique, parfois sous tension.

S’il convient que nous travaillions de plus en plus en mode pluridisciplinaire, avec des avocats et des informaticiens. L’enjeu, lui, est cependant transdisciplinaire : intégrer ces logiques dans une réponse unique, cohérente, et directement applicable sur le terrain.

Alors oui : gardons notre exigence. Mais offrons un cap. Et disons clairement à la relève : Oui, c’est difficile. Oui, c’est intense. Mais tu ne viens pas apprendre à survivre. Tu viens apprendre à maîtriser. À éclairer. À construire.

À nous de jouer.
Guy

Mots clés

Articles recommandés

Voir ce qui est caché

Plan d'action lutte contre la fraude sociale 2026-2027: de la stratégie à l'action de terrain

Taxe Caïman: suivi 2025 des recommandations