Wallonie: quand nos politiques continuent de jouer aux apprentis sorciers avec l’économie
Temps de lecture: 3 min | 13 avr. 2026 à 04:10
Pierre Gonne
Tax & Legal interim manager @ Gogestpa
Dans mon dernier article, je dénonçais la réintroduction en Wallonie de 2 taxes anti-économiques — le précompte immobilier sur le matériel et l’outillage & la taxe sur la force motrice —, alors qu’elles ont été supprimées depuis 2006 parce que précisément pénalisant l’outil industriel.
Une “petite fraude” sur un mécanisme de compensation octroyé par la Région wallonne en contrepartie de la disparition de ces anciennes taxes, le tout débouchant sur un dérapage budgétaire.
jusqu’à ce que le « pot aux roses » soit découvert.
Alors que s’est-il passé depuis mon dernier post ?
Eh bien, le gouvernement a fait marche arrière.
Enfin… partiellement !
Il y a un nouveau décret qui gèle temporairement certaines mesures
Et une circulaire officielle du Ministre adressée aux communes, les informant des conditions et modalités de la suspension des taxes
On comprend de cette dernière (voir doc. annexe) que :
(i) la question du précompte immobilier sur outillage est reportée d’un an
(ii) la taxe sur la force motrice peut en revanche être enrôlée sur les investissements acquis ou constitués sur le territoire de la Région wallonne jusqu’au 31/12/2005 inclus
mais pas sur ceux acquis ou constitué à l’état neuf à compter du 1/1/2006
Ce qui interpelle profondément
Ce qu’il y a d’interpellant dans la séquence des événements décrits, c’est que :
partout en Europe, on veut réindustrialiser, moderniser l’outil de production ou attirer les investissements
mais en Wallonie, on se demande encore si on va taxer les machines
Une question de fond
Quand nos élus vont-ils comprendre une réalité simple :
la compétitivité économique d’un territoire, ce n’est pas un luxe, c’est une condition de survie !
Quand vont-ils enfin s’attaquer :
à l’assainissement de leurs dépenses à tous niveaux,
à la rationalisation des services,
à la mutualisation des ressources,
avant de lever des taxes anti-économiques ?
Un paradoxe évident
Le paradoxe est pourtant absolu :
taxer l’outil industriel, c’est :
pousser nos entreprises à aller voir ailleurs,
réduire l’assiette fiscale à long terme,
aggraver le problème budgétaire qu’on prétend résoudre