​États-Unis : la trahison de la classe ouvrière par les élites.

Un livre important vient d’être publié aux États-Unis par une chercheuse, Batya Ungar-Sargon, qui a sillonné les États-Unis pour comprendre comment la classe ouvrière vit ses réalités. Elle en tire un constat : les élites ont trahi la classe ouvrière. Un de mes amis, qui vit aux États-Unis, en tire les conclusions suivantes, très pertinentes.

Le parti démocrate a cessé d’être de la classe ouvrière pour se tourner vers les élites ayant fait des études supérieures. La délocalisation des emplois manufacturiers, l’accueil d’une immigration de masse qui réduit les salaires et la focalisation sur des questions telles que le changement climatique ont aliéné les électeurs de la classe ouvrière.

Les électeurs de la classe ouvrière, toutes races confondues, soutiennent de plus en plus les républicains et Trump, convaincus qu’ils sont meilleurs pour l’économie et l’emploi. Les sondages montrent que le soutien à Trump augmente chez les Hispaniques et les Noirs. L’idée selon laquelle les électeurs de Trump sont principalement motivés par le ressentiment racial semble inexacte.

De nombreux Américains issus de la classe ouvrière estiment que le "rêve américain" est hors de portée, même s’ils travaillent dur. La stagnation des salaires, les logements inabordables et le déclin des syndicats ont rendu la vie stable de la classe moyenne inaccessible à ceux qui n’ont pas de diplôme universitaire. Ils veulent la dignité par le travail, pas par l’aide sociale.

L’immigration de masse est l’une des principales préoccupations des Américains de la classe ouvrière, qui estiment qu’elle fait baisser les salaires et qu’il est plus difficile de gagner sa vie décemment. Les inquiétudes concernant l’impact économique de l’immigration sont rejetées comme étant racistes, ce qui suscite une certaine frustration.

La plupart des Américains ont des opinions modérées sur des questions culturelles polarisantes comme l’avortement, mais les partis se sont déplacés vers les extrêmes. L’un ou l’autre parti peut saisir l’opportunité d’une coalition multiraciale de la classe ouvrière en adoptant des positions populistes sur l’économie, l’immigration et les soins de santé, tout en évitant les extrêmes sur les questions sociales. Trump semble aller dans cette direction.

Le fossé socio-économique et culturel entre les élites ayant fait des études supérieures et la classe ouvrière semble désormais plus important que les divisions traditionnelles entre la droite et la gauche, ce qui a pour effet de brouiller les coalitions politiques.

Je pense que ces constats sont corrects. Comme disait Rabelais : la moitié du monde ne sait pas comment vit l’autre (et probablement pas inversement). Le néolibéralisme américain était un mirage pour les pauvres. C’est un système qui a éreinté ce pays et qui, sans faire de raccourci, a conduit à Trump et à sa tentative de coup d’État.

Et le pire est évidemment à venir.

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