
Depuis plusieurs mois, des signaux convergents indiquent une stratégie de tension institutionnelle : durcissement des règles de vote, judiciarisation accrue des procédures électorales, pressions fédérales sur les États, affaiblissement des dispositifs de sécurisation des scrutins, et surtout construction méthodique d’un récit de fraude systémique dans certains territoires clés. Pris isolément, chacun de ces éléments peut sembler technique. Pris ensemble, ils dessinent une fragilisation volontaire des mécanismes de confiance.
Les scénarios les plus préoccupants ne sont pas les plus probables, mais ils ne sont plus impensables : interventions fédérales ciblées dans des zones électoralement décisives, instrumentalisation des contentieux post-électoraux pour retarder ou invalider des certifications, ou, dans l’hypothèse extrême, empêchement matériel de scrutins organisés par les États — ce qui constituerait une rupture constitutionnelle ouverte.
L’enjeu dépasse largement les équilibres partisans.
Les démocraties ne s’effondrent presque jamais par un coup de force brutal. Elles se délitent par l’accumulation de précédents, par l’érosion des normes, par l’acceptation progressive de l’exception comme méthode de gouvernement. Les élections de 2026 pourraient ainsi devenir moins un verdict politique qu’un test de résistance institutionnelle.