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​Pourquoi l’année 2026 sera très importante?

…Et sans doute cruciale pour l’humanité.

Lorsque je cherche un mot qui puisse, certes très imparfaitement, résumer l’envergure des défis auxquels nous sommes confrontés, je pense au mot « partage ». Car c’est de cela qu’il s’agit, dans un monde où les frontières se dressent, les unions se fissurent et la tempérance sociale se fracture, le tout dans un contexte de polarisation et de verticalisation extrêmes des pouvoirs.

Il faudra faire des choix. Le choix de savoir quel monde nous laissons à nos descendants alors que les préoccupations écologiques s’estompent au profit d’un consumérisme effréné. Ce dernier est lui-même entraîné par une économie de marché, fouettée par les États-Unis et la Chine, qui cherchent leur croissance absolue dans une lutte hégémonique. Il faudra donc savoir si nous continuerons à nous croire protégés par nos biens plutôt que d'accepter de partager les périls avec nos descendants.

Il faudra ensuite choisir comment partager les gains de croissance et de productivité entraînés par l’intelligence artificielle, qui constitue probablement la troisième révolution industrielle majeure après le néolithique et la machine à vapeur. Allons-nous assister, comme au XIXe siècle, à la création d’un lumpenprolétariat et à une concentration extrême des richesses, ou bien à un partage équitable de cette manne ?

Allons-nous, dans un contexte de vieillissement de la population et de démographie inversée — au point que les jeunes refusent d’adhérer à un monde qui les défie en ne faisant plus d’enfants —, partager les avoirs dans une solidarité intergénérationnelle ? Celle-ci devra sans doute être vue de manière inverse à l'accoutumée : à savoir des inactifs vers les actifs, plutôt que dans le sens traditionnel, puisque la richesse est désormais concentrée chez les aînés.

Au fond, la question centrale est de savoir si nous allons choisir de partager la croissance dans des équilibres sociaux respectueux, ou bien polariser la société en fracturant ce qui constitue le socle du vivre-ensemble. Si nous refusons ce partage, nous nous condamnons à une société de la violence et du repli, où chaque groupe défendra ses privilèges contre l'intérêt commun.

C’est à ces réflexions que 2026 nous incite.

Plus qu'une option morale, le partage devient une nécessité de survie pour nos démocraties.

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